Elle ne savait pas dire non

Elle ne savait pas dire non et elle a failli en mourir

 

Elle ne s’en est pas rendue compte tout de suite.

Elle n’a jamais pu se persuader qu’elle avait eu ce poste grâce à ses compétences, mais plutôt parce que sa responsable lui avait « donné sa chance ».

Elle ne voulait pas la décevoir

En acceptant de considérer son embauche sous cet angle, elle s’est autorisée à supporter l’insupportable :

  • Faire des heures sup à tout va, au risque de ne plus être en mesure de se reposer.
  • Se retrouver avec un découvert abyssal et être sous pression financière permanente, parce que si lesdites heures sup ne sont pas payées, la nounou, elle, doit l’être.
  • Prendre des calmants le soir pour diminuer l’anxiété et des dynamisants le matin pour amender la pénibilité de la journée.
  • Accepter de partir en déplacement au pied levé pour remplacer une collaboratrice absente, au risque de s’endormir au volant parce qu’elle est épuisée par une charge de travail qu’elle ne peut plus absorber.
  • Se faire insulter par un client pressé qui attend d’elle l’impossible, et encaisser le choc et la colère de son interlocuteur, parce que, si on regarde bien, c’est de « sa responsabilité » et elle l’a acceptée.
  • Ne pas en parler à sa hiérarchie, parce « qu’elle aussi est sous pression ».
  • Ramener du boulot à la maison le week-end parce que pas le temps de gérer l’administratif la semaine.
  • Ne pas faire de sport, ou ne plus manger parce que pas le temps non plus.
  • Négliger sa famille au motif que « sans travail on ne peut pas vivre ».

Parce qu’elle pensait que si elle perdait son boulot ce serait encore pire.

Un beau matin, le pire est pourtant arrivé

Mais pas comme elle le pensait.

Sa fille malade, une demande d’absence pour l’emmener chez le pédiatre et un collaborateur qu’elle croise au moment de partir. Il lui a fait une « toute petite remarque » sur « la chance qu’elle a de partir à 15 heures en pleine semaine ».

La goutte d’eau qui a fait déborder le vase

Elle a rejoint sa voiture comme un zombie, a emmené sa fille chez le médecin comme elle a pu. Elle a tenu le coup jusqu’à la pharmacie pour aller chercher les médicaments prescrits. Elle l’a soignée et l’a couchée, avant de s’effondrer sur le canapé une fois la petite endormie.

Le lendemain matin, elle n’a pas pu se lever. Ce sont les voisins qui se sont alarmés en entendant l’enfant appeler au secours : elle ne parvenait pas à réveiller sa mère.

C’était en 2003, cette dame avait 36 ans.

Le burn out a tout emporté

Et là, pour elle et sa fille, les conséquences ont été VRAIMENT pires que le licenciement qu’elle craignait. Parce que si elle s’était faite virée (et sur quels motifs d’ailleurs ?), elle aurait pu retrouver du travail.

Depuis, elle peut se déplacer sans aide : c’est une grande victoire.

Mais elle n’a jamais été en mesure de retrouver une vie normale et encore moins de travailler.

Cette dame n’est pas ma cliente

Ma cliente, c’est sa fille.

Elle a une trentaine d’année aujourd’hui, et je l’ai accompagnée dans le cadre de sa recherche d’emploi.

Et elle a réussi, car son histoire personnelle l’a poussée à développer de très belles compétences, avec en tête de liste l’autonomie et une maturité incroyables. Des valeurs sûres pour n’importe quel employeur.

Je ne pouvais pas lui faire oublier ce matin de 2003, ni la réparer des épreuves rencontrées depuis, et de toute façon, ce n’est ni mon rôle, ni ma mission.

Elle a été prise en charge par un psychologue qui a mis des mots sur les maux de sa mère et qui l’a aidée à continuer.

 

 

Ma mission

J’ai pris le relai de ce psychologue pour l’aider à mettre en oeuvre sa recherche d’emploi.

Je suis heureuse d’avoir été placée sur sa route : j’ai vu les progrès qui lui ont permis de trouver le job qui lui correspond.

Mais aujourd’hui, j’ai aussi envie de prévenir celles dont la vie actuelle ressemble à celle de sa maman avant ce matin fatidique de 2003.

La pression au travail ne se contente pas de consumer celui ou celle qui en souffre « directement », elle détruit aussi ceux qui lui sont chers.

Elle ne prend pas rendez-vous. Non, ce serait trop simple : elle entre chez vous tranquillement, sans aucune effraction. Et si elle sait se montrer discrète au début, elle finit toujours par prendre toute la place…

Elle change alors de nom et devient  burn out.

Celui-ci n’a plus qu’à s’installer tranquillement dans le lit que vous lui avez préparé (sans même vous en rendre compte), fait d’un mélange de conscience professionnelle, du sentiment de ne pas avoir le choix et de l’incapacité à dire non.

Insatiable

La pression au travail sait choisir ses proies et elle s’en régale sans modération.

Les signaux d’alerte sont nombreux et j’en ai cité quelques-uns ci-dessus.

Le bilan de compétences permet de tirer au clair ce qui est bon ou ce qui nuit à son équilibre, et de mettre en place un plan d’action réaliste et REALISABLE pour changer la donne.

Rien n’est jamais perdu… à condition de réagir à temps.

Faites un bilan de compétences.

Le bilan de compétences pour se sentir bien

 

 

 

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